Droits des enfants : pour une gouvernance de l’enfance renforcée

18.11.2020
A l'occasion du 31ème anniversaire de l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE), avec la Dynamique “De la Convention aux Actes !” dont nous sommes membres, nous adressons une lettre ouverte au président de la République, appelant à porter une ambition forte et une gouvernance renforcée pour l’enfance et la jeunesse, en France comme à l’international.  
En effet, avec les 26 organisations de la Dynamique “De la Convention aux Actes !”, nous faisons ce constat : trente ans après l’adoption de la Convention, l’effectivité des droits de l’enfant est loin d’être acquise en France et dans le monde. La pandémie de la COVID-19 n’a fait que renforcer les inégalités et fragiliser les plus vulnérables, au premier rang desquels les enfants. Nos 69 recommandations sur 12 thématiques n’en sont que plus pertinentes : la crise en cours agit comme un révélateur des inégalités préexistantes.  

En France, avant la crise, 1 enfant sur 5 vivait déjà sous le seuil de pauvreté 

Avant la pandémie, près d’1 enfant sur 5 vivait en France sous le seuil de pauvreté et on estimait à plusieurs milliers le nombre d’enfants privés d’école. A l’international, 265 millions d’enfants n’étaient pas scolarisés et 75 millions voyaient leur scolarité bouleversée par les crises.  
Chaque jour en France, 200 enfants étaient victimes de violences et parmi eux, 50 étaient victimes de violences sexuelles – des chiffres probablement sous-estimés.  

Avec la pandémie, à l’échelle mondiale, 1,6 milliard d’enfants ont vu leur scolarité affectée  

Si les conséquences de la pandémie sont encore difficiles à évaluer, on sait d’ores et déjà que les mesures de restriction ont sensiblement aggravé la situation.  
En France, les enfants relevant de l’Aide sociale à l’enfance, comme ceux en situation de handicap, ont pu souffrir de la suspension des droits de visite et d’hébergement ou de la fermeture des structures médico-sociales. 
A l’échelle mondiale, 150 millions d’enfants supplémentaires ont sombré dans la pauvreté, 1,6 milliard ont vu leur scolarité affectée.  

Pour un ministère dédié à l’enfance et une politique transversale 

Il est urgent d’agir. Parmi nos recommandations formulées l’an dernier, une en particulier semble indispensable : renforcer la gouvernance de l’enfance en la dotant d’une stratégie globale et transversale. A ce titre, nous soutenons notamment le fait de réunir le pilotage des politiques publiques de l’enfance au sein d’un ministère dédié. Le secrétariat d’État actuel, malgré les avancées qu’il a obtenues, doit voir ses moyens et son influence renforcés au sein du gouvernement. En effet, l’éclatement des politiques et des dispositifs en direction de l’enfance et de la jeunesse entre différents ministères, l’absence de stratégie holistique et de gouvernance bien définie nuisent à la visibilité et à l’efficacité de cette politique publique et ne permettent pas une approche globale et pluridimensionnelle de l’enfant.  
 
Les droits de l’enfant doivent aussi prendre tout leur sens à l’échelle internationale et ne pas tomber dans l’angle mort des politiques de coopération et d’aide humanitaire. Ils doivent devenir une priorité transversale sur les plans stratégique, programmatique et financier.  
 
A l’heure où, face à plusieurs crises, le Président appelle régulièrement à l’unité, avec les vingt-six associations de la Dynamique “De la Convention aux Actes !”, nous affirmons « que cette unité doit se faire en préservant et en préparant un avenir commun, au centre duquel les jeunes générations doivent être mieux prises en compte, valorisées et écoutées. Pour ce faire, leurs droits, consacrés il y a près de trente-et-un ans par la Convention relative aux droits de l’enfant, doivent plus que jamais être garantis à chaque enfant. » 
 
 
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