Benjamin Joly : 1er diplômé de l'École des Têtes en l'air !

20.11.2020

L’École des Têtes en l’air de l’IEM de Liévin forme des jeunes en situation de handicap moteur au titre de télépilote de drone. Benjamin Joly, atteint de myopathie, en est le tout premier diplômé. Décollage.

Annoncé par le bruit de son moteur, le drone, petit engin volant piloté par télécommande, fait irrésistiblement lever la tête. "On a toujours la tête en l’air quand on est pilote de drone" résume Benjamin Joly. Du haut de ses 19 ans, le jeune homme est le 1er diplômé de L'école des têtes en l'air de l’IEM APF France handicap de Liévin (62) :



Une passion… une profession

Depuis juin 2020, Benji – surnommé ainsi par ses camarades et ses professeurs - est désormais télépilote professionnel diplômé de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) de Lille. Atteint de la myopathie de Duchenne, nécessitant une assistante 24/24, le jeune homme, du bout de ses doigts et de son joystick, peut dorénavant se "déplacer" partout et jusqu’à 120 mètres d’altitude.

"Au début, piloter un drone, c’était juste pour jouer dans le cadre d’une activité de loisir proposée à l’IEM. Puis, comme nous étions quelques-uns à bien nous débrouiller, Marc Witczak, à l’époque le directeur de l’IEM, et Christophe Lamory, éducateur technique spécialisé, ont créé une école professionnelle en 2017. Leur motivation nous ont beaucoup soutenus !"

Inspecteur Benji !

Culture, sécurité, agriculture, tous les domaines d’activité nécessitent les services d’un drone et de son pilote pour surveiller, photographier, filmer, décrire, mesurer et chercher aussi : là-bas, un nid de frelons, plus loin une fuite dans une toiture, encore plus loin le départ d’un feu.

Particuliers, entreprises, associations, le marché de clients potentiels est large : "On peut par exemple filmer un événement sportif comme une course de canoë-kayak, précise le pilote. Ensuite, on pratique le montage-vidéo, une activité que j’aime beaucoup et que j’apprends cette année à l’IEM."

 

Diplômé, et après ?

Entrecoupée de deux opérations chirurgicales, la formation du pilote a duré trois ans jusqu’à la date de son examen dont toutes les conditions d’accessibilité avaient été mises en place.

En cette rentrée 2020, Benjamin se place sur la piste d’envol : "J’ai envie de travailler avec le statut d’auto-entrepreneur. Cela me permettrait de suivre mon parcours de soin sans contrainte. J’aimerais me spécialiser dans le domaine de la photogrammétrie, une technique d’acquisition d’images numériques en 3D." Benjamin se tient prêt à répondre aux premières demandes, telle celle de sa municipalité qui souhaite filmer au-dessus de son église lors du prochain rassemblement ou cérémonie. En attendant que la crise sanitaire s’estompe, le pilote et son drone se tiennent prêts à vrombir.

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