Tous ensemble, évitons un nouveau confinement ! Les associations de santé en appellent au Conseil de Défense

24.11.2020

Alors que le président de la République doit s’exprimer ce soir, avec France Assos Santé dont nous sommes membres, et des personnalités du monde médical/scientifique*, nous publions une tribune dans Le Parisien à l’attention du Conseil de Défense avec des propositions concrètes sur les conditions de réussite de l’isolement afin d’éviter de nouveaux confinements.

En effet, la réalité de l’épidémie et son deuxième confinement éveille les inquiétudes des citoyens. La perspective d’une répétition de type "stop and go" met en alerte les associations de patients et usagers de la santé, les professionnels de la santé et, par ailleurs, tous ceux qui œuvrent pour sauver les emplois. 
 
Or, nous estimons que « Sauver la vie, sauver les emplois, oui c’est possible ! ».
 
Aussi, nous proposons 4 mesures qui témoignent de la volonté des patients et des usagers de santé de participer aux choix qui seront faits par l’État pour permettre à notre pays de sortir de cette crise sans précédent.
 
Pour nous, la démocratie en santé et l’intelligence collective sont plus que jamais indispensables pour surmonter les temps difficiles que nous traversons.
 
Nos propositions :
  • Le développement de tests de dépistage antigéniques à grande échelle éventuellement suivis de confirmation par test RT-PCR. 
  • La mise en place d’une restriction complète de déplacement et de visite, des cas index et des cas contacts, sous contrôle et réduite au temps de la contagiosité (de 7 à 15 jours maximum selon les cas), avec isolement en conditions adaptées. 
  • L’accompagnement et le soutien des sujets testés positifs, avec ou sans symptômes COVID-19, ainsi que des cas contacts si nécessaire, en offrant un espace protégé mis à leur disposition selon les besoins et tenant compte de leurs conditions de vie. Cet accompagnement s’entend en termes de maintien des ressources matérielles (salaires ou rémunérations), obligation de fournir un lieu de résidence confortable, un lien permanent avec un accompagnateur chargé de veiller à l’accès aux soins, à l’approvisionnement, au confort et au maintien des liens avec la famille etc… tout pour réaliser une réelle protection individuelle et collective. Ce dispositif doit trouver sa place et être articulé en tant que de besoin avec les équipes renforcées de traçage contactcovid de l’Assurance maladie. Il peut s’appuyer sur un réseau de volontaires tel que celui développé dans le cadre de COVISAN. 
  • L’application Tousanticovid, déployée plus volontairement au nom de la santé publique, pourrait également contribuer à retrouver une meilleure liberté sociale. 
Ces mesures devraient être maintenues sur la durée jusqu’à obtention d’un degré d’immunité collective suffisant ou disparition de l’épidémie.
 
Bien entendu, l’encouragement du télétravail, la protection des personnes vulnérables, l’aménagement du temps scolaire, la réduction de la fréquentation des transports, etc… sont à poursuivre ; ces mesures peuvent évoluer en fonction de la vitesse de circulation du virus et donc du degré de contrôle de l’épidémie grâce aux mesures de restriction complète de déplacement des cas testés positifs et des cas contacts identifiés.
 
La réussite d’un dispositif "tester-tracer-isoler-protéger" et le respect des gestes barrières ne seront possibles qu’avec des citoyens éclairés, pleinement impliqués et acteurs de la lutte contre la pandémie. La compréhension, la lisibilité et l’appropriation des mesures actuelles restent particulièrement faibles. Un important effort d’information et de pédagogie est indispensable.
 
Les milieux associatifs, représentant les patients et les usagers de la santé, sont prêts à conjuguer leurs efforts avec les professionnels, les médecins, les scientifiques et les économistes et appellent à une mobilisation de tous.
 
 
*Avec le soutien de : 
- Axel Kahn, Président de la Ligue contre le cancer, Professeur de médecine et chercheur, généticien ; 
- William Dab, Professeur titulaire de la chaire d'Hygiène et Sécurité du Cnam, Professeur de Santé Publique, et ancien directeur de la DGS ; 
- Vincent Maréchal, Professeur de virologie à Sorbonne-Université, chercheur au Centre de Recherche Saint-Antoine Paris ; 
- Mady Denantes, Médecin généraliste en centre de santé à Paris, chargée d'enseignement sur l'accès aux soins et maître de stage universitaire. 
 
 
 
Actus
Santé et bien-être
Confinement