Portait de Chloé : usagère hier, professionnelle aujourd’hui

15.06.2021

De 6 à 12 ans, Chloé Freléchoux était accompagnée par le Service d'éducation spécialisée et de soins à domicile de Besançon. À 20 ans, détentrice du diplôme d’accompagnante éducative et sociale de l’IRTS de Besançon, elle y travaille. Chloé y apporte, entre autres, son expertise d’usagère. Elle revient sur son parcours.

Comment avez-vous connu APF France handicap ?

portrait Chloé

Je suis atteinte d'une diplégie spastique et j’ai été accompagnée par le SESSAD de Besançon de 6 à 12 ans. J’y bénéficiais de séances de kinésithérapie et de psychomotricité. Accompagnée par une éducatrice spécialisée, je participais également à des activités avec d’autres jeunes du SESSAD.

J’ai beaucoup apprécié l'accompagnement de ce service. Quand, dans le cadre de mes études, j'y ai mené un stage de deux semaines, cela m'a convaincue que j’aimais travailler auprès des jeunes en situation de handicap.

Quand j'ai commencé à travailler au SESSAD, j'ai retrouvé des professionnels que j'avais connus quand j'y étais usagère enfant et adolescente. C'est une fierté pour eux que je sois passée de patiente à salariée !

Quel type de projet menez-vous au sein du SESSAD ?

Dans le cadre des projets personnalisés des jeunes, des actions éducatives sont mises en place. En collaboration avec l'aide du médico-psychologue et de l'éducatrice spécialisée, j'ai participé à l’encadrement de deux ateliers, l'un de théâtre, l'autre de jardinage. Nous organisons non seulement l'atelier et son contenu mais aussi toute la logistique : nous allons chercher les participants à leur domicile ou à leur structure scolaire puis les menons dans les locaux du SESSAD ou dans d’autres lieux mis à disposition par les municipalités. Après l'atelier, nous raccompagnons les jeunes à leur domicile. Tout est pris en compte pour lever les contraintes à la pratique de l'activité.

Le SESSAD de Besançon met en valeur les savoirs dits "expérientiels" ? En quoi cela consiste-t-il ?

Quand cela m'est demandé par l'usager ou sa famille, je témoigne de mon vécu en tant que "partenaire expert" ou "pair-émulatrice". J'ai ainsi eu l'occasion de partager mon expérience auprès d'une famille qui craignait les conséquences de l'injection de toxine botulique pour son enfant. J'ai aussi accompagné un jeune de 15 ans en fauteuil roulant qui, tout comme moi à son âge, est intéressé par le secteur social. Je lui ai décrit mon parcours et l'ai accompagné au Centre d'information de son collège pour l'aider à envisager son orientation.

Il m'est aussi arrivé de faciliter le transfert de savoir entre deux jeunes accompagnés par le SESSAD. Tous deux sont porteurs d'amyotrophie spinale infantile. Le premier a bénéficié d'une arthrodèse il y a deux ans avec une hospitalisation en Centre de rééducation fonctionnelle ; le second a le même projet d'intervention, mais appréhende ce geste chirurgical.

Lors de notre entretien à trois, ils m'ont d'abord questionnée sur mon parcours de soins puisque j'ai moi-même subi une opération de chirurgie orthopédique quand j'avais 9 ans. Puis je les ai laissé converser entre eux. Ils ont discuté durant plus d'une heure et sont sortis tous deux satisfaits de cet échange, l'un fier d'avoir partagé son savoir expérientiel, l'autre rassuré.

Je suis très heureuse d'apporter mon aide à des jeunes qui, comme moi, ont des projets médicaux ou professionnels. C'est une de mes grandes fiertés !

Travailler à l'APF France handicap
Jeunes

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