Impact de la crise sanitaire sur la vie des aidants familiaux : un manque de réponses concrètes

30.09.2021

A l’occasion de la journée nationale des aidants, avec le Collectif interassociatif des aidants familiaux (Ciaaf), dont nous sommes membres, nous publions une étude exclusive sur l’impact de la crise sanitaire sur la vie des aidants familiaux, réalisée en collaboration avec l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires). Le rôle déjà essentiel des aidants avant le confinement, s’est révélé vital dans la gestion de la crise sanitaire… mais à quel prix pour les aidants ? Le manque de réponses concrètes pour les aidants 6 mois après la fin du premier confinement nous conduit, avec le Ciaaf, à interpeller le gouvernement sur l’urgence de leurs besoins.

Un isolement accru et imposé 

Les aidants familiaux ont subi de plein fouet la fermeture des établissements, la réduction des services d’aide à domicile, et l’impossibilité pour leur famille de venir les aider. Ils ont alors dû s’adapter très rapidement pour accueillir leur proche à domicile, concilier télétravail et rôle d’aidant… Si 67 % des aidants répondant à l’enquête étaient accompagnés dans le rôle d’aidant avant le confinement, seuls 48 % l’ont été pendant. Ainsi l’absence d’aide s’est imposée pour 79 % des aidants.

Une intensification dans l’aide et une capacité à encaisser

Pendant la période de confinement, les aidants ont été contraints de s’adapter à une intensification de l’ensemble des types d’aide (surveillance, soutien moral, réalisation d’actes intimes, stimulation par des activités…). Ceci a conduit à une nette augmentation de leur épuisement physique (72,5 %) et moral (75,5 %). Pourtant, moins de 10 % des aidants seulement ont pu bénéficier d’une modification du plan d’aide.

Trop peu de réponses au besoin de répit

Le 1er besoin exprimé par les aidants reste la possibilité de pouvoir bénéficier de solutions de répit. Pourtant, 6 mois après la fin du premier confinement, 44 % des aidants n’ont bénéficié d’aucune aide alors qu’ils étaient plus de 81 % à déclarer en avoir besoin. Les freins au recours sont, pour plus de la moitié d’entre eux, la lourdeur administrative (51 %) et pour 44,5 % d’entre eux le coût financier.
« Je me sentais déjà responsable pour tout, mais là, il est évident que si je ne suis pas "là" que devient mon mari ? J’ai encore plus le sentiment de ne pas avoir le droit d’être malade, c’est insoutenable. »
Conjointe d’un homme de plus de 70 ans ayant une déficience motrice
Sur la base de ces constats et des besoins exprimés par les aidants, avec le Ciaaf, nous demandons : 
  • Une prise en charge administrative des demandes de répit exprimées auprès des plateformes de répit en permettant à chaque aidant identifié par la plateforme répit de disposer d’un accompagnement individuel par un “case manager” déterminé. 
  • L’allocation d’un crédit d’heure attribué automatiquement chaque année pour financer toute formule de répit.
  • La mise en place d’un outil unique qui répertorie les différentes solutions de répit et qui informe de la disponibilité en temps réel.
Dès juin 2020, au vu des résultats de sa 1ère enquête, le Ciaaf demandait déjà la mise en place de mesures rapides
Le manque de réponses concrètes pour les aidants 6 mois après la fin du premier confinement nous oblige à interpeller le gouvernement sur l’urgence de leurs besoins : après le 2e confinement, presque 1 aidant sur 2 notait une dégradation de sa santé et 1 aidant sur 3 déclarait une dégradation de sa situation financière.
 
 
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