Handicap et études supérieures : un dispositif d’accompagnement à faire évoluer

26.02.2020

Depuis quelques jours, le cas de Chloé, étudiante grenobloise lourdement handicapée qui doit financer son auxiliaire de vie pour mener à bien ses études, suscite incompréhension et indignation. Pour remédier à cette situation, nous demandons une évolution du dispositif d’accompagnement des étudiants en situation de handicap.

En effet, les plans d’accompagnement prévus par les universités, qui fonctionnent généralement bien pour la majorité des étudiants en situation de handicap, ne concernent que les aides à l’apprentissage (assistant de communication, aide à la prise de note, aide au travail en bibliothèque…), non les aides humaines nécessaires à l’accomplissement d’actes de la vie quotidienne (aide pour manger, boire, aller aux toilettes…) pour lesquels les étudiants doivent faire une demande à la MDPH pour une prestation de compensation (PCH) individuelle d’aide humaine.

Or, Chloé a des besoins importants à la fois en matière d’accès aux apprentissages et de vie quotidienne.

De plus, elle est hébergée dans un logement universitaire adapté car ses besoins vont au-delà de ce que permettent les résidences universitaires du CROUS et, du fait de cet hébergement dans un établissement médico-social, elle ne peut prétendre à la PCH aide humaine. La complémentarité entre "aides aux apprentissages prises en charge par l’établissement d’accueil" et "aide à la vie quotidienne prise en charge au titre de la PCH" ne peut donc se faire.

Nous demandons donc une évolution du dispositif d’accompagnement dans les études supérieures pour que les besoins en aide humaine soient couverts.

Dans des situations comme celle de Chloé, il s’agit d’offrir la possibilité de déroger au cadre actuel en permettant une prestation de compensation (PCH) individuelle pour les étudiants accueillis dans un établissement médico-social et un accompagnement médico-social sur les campus.

En outre, il est nécessaire d’augmenter les moyens de financement des plans d’aide des universités qui ont stagné jusqu’à présent alors que le nombre de jeunes en situation de handicap accédant à des études supérieures à l'université est passé de 5 000 étudiants en 2005 à 35 000 actuellement. Il est impensable de penser que les universités pourront continuer à mettre en place des plans d’accompagnement répondant aux besoins à budgets constants, et déjà le problème se pose pour les besoins s’assistants de communication par exemple (interprétariat LSF…).

 

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