Entreprises adaptées : les aides au poste en question

20.02.2018

Le projet de loi de finances 2018 prévoyait une baisse du montant unitaire de l'aide au poste. L'APF a fortement contribué à l'abandon de cette mesure et l'ouverture d'une concertation sur la réforme du financement du secteur.

Pour les entreprises adaptées, l'examen du projet de loi de finances 2018 s'est mieux terminé qu'il n'avait démarré. Et l'APF y est pour beaucoup. Muriel PÉNICAUD, la ministre du Travail, a finalement renoncé à baisser, cette année, le montant unitaire des 24 000 aides au poste budgétées. Cette subvention est destinée à compenser la moindre productivité des salariés de ces établissements qui emploient au minimum 80% de travailleurs handicapés.

Rendez-vous au cabinet du ministère du Travail

« Du fait de son niveau, l’aide au poste constitue une trappe : il n’est pas facile au bénéficiaire de passer ensuite vers un autre emploi, expliquait-elle à l'assemblée nationale, le 31 octobre, pour justifier la baisse annoncée. Il y a donc peu de flux, alors que ce dispositif avait été conçu comme un tremplin. (…)  La dégressivité va aussi permettre une stratégie visant l’inclusion dans l’emploi ordinaire. »

Dans la foulée, l'APF obtient un rendez-vous avec son directeur de cabinet. « La baisse de l'aide au poste aurait représenté un manque à gagner de 2 millions d'euros pour APF entreprises, explique Serge WIDAWSKI, directeur national d'APF Entreprises, le premier réseau du secteur adapté et protégé. Nous aurions donc dû stopper nos investissements et nos recrutements. Et cela n'aurait pas empêché nos comptes de plonger dans le rouge. Au final, ce tour de vis va aurait été à l'encontre de l'objectif affiché par le gouvernement de diminuer le chômage des personnes handicapées. »

« Les entreprises adaptées très utiles et très nécessaires. »

Le message est visiblement passé. Sur l'aide au poste, mais aussi sur la mission même des entreprises adaptées. Le ton des interventions de Muriel PÉNICAUD a d'ailleurs radicalement changé. Certes, la ministre du Travail reste convaincue de la nécessité de réformer le financement du secteur, conviction que partage l’APF. Mais plus pour les mêmes raisons, ni sur les mêmes bases. 

« Les entreprises adaptées sont très utiles et très nécessaires dans le paysage, a-t-elle souligné, le 8 novembre, devant les députés. (…) Nous sommes convenus d’ouvrir une concertation afin de réfléchir à une transformation du modèle de financement rendue nécessaire, non pour une question de montants, mais en raison de la complexité inouïe du dispositif actuel, alors même que nous poursuivons le même objectif.(...) Il faut donc de la stabilité, un engagement sur les résultats, une amélioration du budget et un travail de fond avec les entreprises adaptées : telles sont nos pistes d’action. »

Le ministère du Travail va mener une concertation avec les professionnels du secteur durant le premier semestre 2018. « Nous y prendrons toute notre part, assure Prosper TEBOUL, directeur général de l'APF, qui s'est beaucoup impliqué dans ce dossier. Nous porterons l’ambition d’apporter des réponses concrètes au chômage des personnes en situation de handicap. »

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