Drones et insertion professionnelle

16.03.2018

Depuis septembre 2017, l’IEM APF de Liévin « Le Vent de Bise » (62) accueille au sein de son établissement, l’Ecole des têtes en l’air, une école de télé-pilotage de drones civils, destinée à développer l’inclusion professionnelle des jeunes usagers en situation de handicap par le biais des nouvelles technologies. L’école prépare ses élèves, âgés de 16 à 20 ans, au brevet théorique de pilote professionnel délivré par la Direction Générale de l’Aviation Civile. Un programme de haut vol composé de 49 heures de cours théoriques, de 80 heures de formation pratique avec un pilote instructeur et de 80 heures de production, de traitement et de montage photo - vidéo.

Un levier inédit d’insertion professionnelle

En visionnant des vidéos, Marc WITCZAK, directeur de l’IEM à l’origine du projet, découvre de multiples utilisations des drones civils à visée professionnelle avec des débouchés sur des secteurs d’activité tels que le bâtiment pour inspecter une toiture ou réaliser un audit thermique, par exemple, ou encore l’agriculture, l’audiovisuel, la sécurité….

Inédit dans le domaine de l’insertion professionnelle, le projet porté par l’IEM vise 60% de taux d’embauche en milieu ordinaire à l’issue de la formation contre 30% dans les secteurs traditionnels. « Notre souhait est d’obtenir pour cette activité le statut d'école de production. Ce statut permettrait d'associer sous une même organisation une école de formation professionnelle et une entreprise prestataire de services qui emploierait les jeunes sous contrat d'apprentissage», explique Marc WITCZAK. Un tremplin pour s’intégrer au monde du travail avec ses exigences, ses rythmes et ses contraintes tout en s’envolant vers de nouveaux métiers porteurs.

Le pilotage de drones à portée de main

Parmi les 10 jeunes qui suivent la formation, 4 apprennent à piloter dans un esprit ludique et sportif, 6 veulent en faire leur métier.

Benjamin, 17 ans, fait partie des pilotes en herbe. « Ce n’est pas parce qu’on est en fauteuil qu’on ne peut pas faire ce métier », affirme-t-il avec fierté. Et pour preuve, « les personnes en situation de handicap moteur, qui utilisent tous les jours leurs fauteuils avec des joysticks, sont tout à fait aptes à travailler avec ce genre d'engins. Cela leur permet d'être libres, indépendants, d'avoir leur épanouissement professionnel, comme tout un chacun », confirme Christophe LAMORY, éducateur spécialisé, instructeur de télé-pilotage à l’IEM.

Le pari de Marc WITCZAK est de conduire ses élèves au métier par la passion. Mission accomplie. Des vocations se dessinent déjà chez les apprentis. « Plus tard, je me vois travailler dans la sécurité civile. Par exemple, chez les pompiers, les drones équipés de caméras thermiques permettent de repérer la source de chaleur. En gendarmerie ou lors d'accidents en montagne, les drones permettent de rechercher les personnes disparues. Si je n'étais pas en fauteuil, j'aurais voulu être pompier. Grâce au télé-pilotage de drones, je pourrai travailler dans cette branche professionnelle », confie Benjamin. Bien qu’à portée de main, le pilotage de drones requiert des qualités indispensables. « Il faut être concentré, calme, précis, appliqué et également bien savoir se repérer dans l'espace », précise Mickaël, un autre élève de l’Ecole des têtes en l’air.

Une « école universelle » à horizon 2019

Le premier objectif est de pérenniser ce projet en comptant sur la fidélité des soutiens financiers dont il bénéficie actuellement. Parmi eux : l’assureur Generali a récemment récompensé l’Ecole des têtes en l’air dans le cadre d’une opération de mécénat (voir encadré). Le second objectif, encore plus ambitieux, est d’imaginer à terme la création d’une « école universelle »  qui s’ouvrirait également aux apprentis valides pour répondre aux convictions d'inclusion de l’association.

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