Accessibilité et SNCF : pour de nouvelles méthodes de concertation et une concrétisation des engagements

08.10.2020

Avec les associations AFM-Téléthon, APPT, CFPSAA, CFR, UNAPEI, UNANIMES nous venons de signer aujourd’hui un protocole de concertation relatif à l’accessibilité des infrastructures publiques de la SNCF.

Si nous saluons cet accord entre les associations et les Sociétés Anonymes SNCF Réseau et Gares et Connexions et reconnaissons quelques avancées, nous regrettons un processus de concertation qui se dégrade, ainsi que le retard pris dans la mise en accessibilité des quais dans le cadre des Ad’Ap (Agendas d’Accessibilité Programmée). 

Des concertations dégradées et une accessibilité insuffisante

Depuis la réforme de la SNCF opérée en 2018, les méthodes de concertation concernant les projets d’aménagement de gares ne sont pas à la hauteur des ambitions fixées dans le protocole et des attentes des associations concernées. Un certain nombre de dossiers ont en effet été présentés sans prise en compte en amont des besoins des personnes. Ainsi, certains lieux d’accueil destinés aux personnes en situation de handicap ont été déplacés dans des endroits peu pratiques, rendant les trajets pénibles. 
Pourtant cette indispensable prise en compte préalable s’est avérée positive lors de la mise en service du premier tramway accessible à Grenoble ou lors de l’élaboration du cahier des charges du futur TGV. Les associations y ayant été associées, une grande majorité de leurs attentes ont ainsi pu être satisfaites dans le sens d’une vraie considération des personnes et ce, sans surcoût.
 
Nous, associations, demandons donc que la concertation se renforce au sein des directions SNCF Réseau et Gares & Connexions pour que les gares, quais et trains répondent aux besoins de toutes et tous, sans discrimination. 

Une mise en œuvre de la loi des Ad’AP trop retardée 

Même si le dernier bilan d’étape des Ad’AP fait preuve d’une certaine dynamique pour les bâtiments des gares, nous déplorons une absence réelle de mise en accessibilité des quais et s’inquiètent de ce retard à l’approche de l’échéance du dispositif en 2024. 
Nous rappelons que la loi “ handicap” du 11 février 2005 réaffirmait le principe d’accessibilité pour toutes et tous dans un délai de 10 ans.
 
Nous demandons donc que l’accessibilité des gares, des quais et des trains soit garantie d’ici à quatre ans, soit l’échéance légale prévue par le SDAP (Schéma Directeur d’Accessibilité Programmé).
 
Le plan de relance de l’État prévoit d’ailleurs une aide financière conséquente pour le secteur ferroviaire, notamment pour le sujet de l’accessibilité. 

Les engagements doivent être tenus 

Par ailleurs, d’autres engagements doivent encore être concrétisés tel que celui relatif à l’accessibilité numérique.
En effet, de très nombreuses personnes en situation de handicap ne peuvent accéder aux outils numériques de la SNCF (site internet, applications mobiles). Il est important de garantir une réelle égalité des chances de toutes et tous.
Enfin, il est impératif de développer la LSF (Langue des Signes Française), le sous-titrage en temps réel des messages sonores et le FALC (Facile à Lire et à Comprendre), leviers essentiels à l’amélioration de la qualité de la vie quotidienne des citoyens en situation de handicap.
 
Au-delà de ces problématiques spécifiques, ces travaux entrent dans le cadre de la Responsabilité Sociétale d’un groupe tel que la SNCF. 
Nous réaffirmons que sans réelle concertation, il ne saurait y avoir de partenariat constructif.  La conception universelle est en effet un réel bénéfice pour tout un chacun, elle implique l’ensemble des acteurs et des usagers, bien au-delà du public spécifique des personnes en situation de handicap.  
Nous, associations, resterons vigilantes quant à la mise en œuvre de ce protocole en conformité avec les ambitions initiales.
 
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